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Embrunman, récits de course.

Dimanche 12 Septembre 2021

Merci à Valentin et Thibault d'avoir pris le temps de nous font partager leur course.

         Valentin

Tout d’abord l’Embrunman c’est un mythe. Je connaissais cette course par cœur sans même l’avoir couru. Depuis tout petit, j’y ai vu bon nombre de nos licenciés s’y coller, mon père en tête. J’y étais bénévole étant petit. Cette course m’a toujours fait vibrer. J’ai abordé l’Embrunman avec beaucoup de prudence, mais aussi avec l’envie de bien faire. Mon volume d'entraînement m'a contraint à rester humble face à cette course exaltante, exigeante et de renommée mondiale. Mon objectif est donc simple, finir.

Pourtant dès le départ, au moment où le sas s’est libéré, je n’ai pu m’empêcher de jouer des coudes pour me positionner sur la première ligne en natation. A 06h00 du matin, le départ est donné, nous partons littéralement à l’aveugle ; c’est assez terrifiant pendant les premières secondes de courses, mais très vite c’est étrangement une sensation de plénitude qui s’installe. Objectif : sortir en étant frais, je nage donc à mon rythme sans chercher à tenir les pieds de mes concurrents. En sortant de l’eau je me vois déjà très loin au niveau du classement général, je suis en fait dans le top 25 !
Le gros morceau de la journée est devant moi et il faut gérer l’excitation (inattendue) d’être dans les tous meilleurs à la sortie de l’eau.
Sans pour autant arriver à être totalement hermétique à cette excitation, le début du vélo s’est fait de manière relativement gérée. Kilomètre 50, une douleur à la hanche vient m’handicaper ; miraculeusement, au 100° kilomètre elle disparait. La montée du col d’Izoard se fait également de manière relativement calme, ne pas se mettre dans le rouge et en « surchauffe ». La descente sur Briançon se fait prudemment (je ne disposais que du frein avant…). Au retour sur Embrun, c’est le coup dur de la journée. Mon vélo, qui n’est pas à ma taille, est inadapté pour des efforts lisses en position aérodynamique. Mon dos me fait rapidement souffrir. C’est aussi à ce moment, que le soleil et la chaleur font également leur apparition, mettant tout mon corps en surchauffe. Les premières crampes apparaissent dans la montée de « Palon », heureusement sans grande conséquences. Également sans conséquences, fort heureusement, une chute dans la descente vers l’aérodrome, qui se termine dans un fossé herbeux et sec ; la catastrophe est évitée !

Je boucle donc avec beaucoup de mal la partie cycliste, tout en restant concentré sur mon objectif premier, terminé le « mythe ».
Je pose donc le vélo « pas très frais » et je prends alors le parti de faire une transition longue, pas de précipitation pour attaquer la troisième épreuve. En effet, le marathon m’attend. 42,195 km, une première pour moi. Je ne sais pas comment l’aborder mais j’ai une certitude, je sais que ce ne sera pas une partie de plaisir, je m’attends à souffrir. Néanmoins, je prends le parti de partir vite afin d’éviter de me mettre dans un faux rythme et d’avancer le plus possible. Stratégie payante, le semi (20 bornes) est bouclé en 1h40.
Cependant, les difficultés ne tardent pas à arriver. Mon estomac se rappelle à moi et des efforts accomplis depuis le début de la journée. Je suis contraint de ralentir le rythme, voire à m’arrêter dans le fossé (encore une fois). A force de m’arrêter, mes jambes ne répondent plus aussi bien que sur le premier semi.

Je passe finalement la ligne d’arrivée en 11h33, un temps dont je suis très fier et 42° au classement général.
Impossible de terminer ce court récit de course par l’essentiel : mes supporters (famille, amis, inconnus).
Je les en remercie tous infiniment, ils ont été une source inépuisable et constante d’énergie tout au long de cette longue journée d'effort. Il est certain que sans eux, mon Embrunman n’aurait radicalement pas été le même.

    Thibault

" 3h45 du mat… Le réveil pique, la nuit a été courte mais j’ai bien dormi. Je me lève et retrouve Valentin et mon frère pour le petit dej’. Au menu, tartines beurre confiture, thé et riz. Le sac est prêt, le bonhomme croit l’être. Nous partons tous les 3 pour le parc à vélo avec tout le matériel. La pression monte en arrivant au parc… Une queue folle, il faut montrer le pass sanitaire et la température est prise à l’entrée du parc. J’arrive à mon emplacement environ 45 minutes avant le départ. Je dois me dépêcher, le temps presse.

Dans le sas de départ, je retrouve Val et mon frère. Notre vague est appelée sur la ligne de départ. Je me retrouve en première ligne tout à gauche… Val est tout à droite (dommage on aurait aimé nager ensemble). Le départ est donné, tout se passe bien, pas de grosse bataille comme j’en ai l’habitude sur les triathlons S. Je vois Valentin à la moitié du premier tour, dommage il ne me voit pas et ne se met pas dans mes pieds. La natation s’est bien passée mais une difficulté se présente : les vagues précédentes. Toute la natation s’est faite en doublant des nageurs.

 A la transition, je vois Valentin arriver quand je suis sur le départ. Sans notion de temps réalisé sur la partie natation, je me dis qu’on ne peut pas avoir raté cette première épreuve tous les deux donc qu’on ne doit pas être trop mal.

Je pars pour le vélo et un monde de folie est là pour tous nous encourager ! Que ça fait du bien ! J’aperçois quelques têtes que je connais et je me sens encore mieux ! Je passe aussi devant ma maman sur la route des Puys, encore des encouragements bons à prendre ! Les 40 premiers kilomètres se passent très bien, les pro moins bons nageurs que moi me déposent. Je m’y attendais, donc je savais qu’il ne fallait pas essayer de les accrocher (mais aurai-je pu ?). Je repasse dans Embrun et retrouve encore beaucoup de monde, Odiane, Seb et sa fille, ma belle-sœur, les Duchat… Je suis encore très bien. La route qui mène jusqu’à l’Izoard se passe bien. Seb est avec son camion et je le croise sur le bord de la route et me dis que je suis dans de bons temps de passage, ça me rassure. Virage à gauche pour l'Izoard, je pars pour 14 km d’ascension. Tout se passe comme prévu, je suis « facile » jusqu’aux lacets puis ça se corse sur la deuxième partie. C’est normal, les pourcentages sont plus élevés. Lors de l’ascension je m’aperçois que j’ai oublié mes gels pour le ravitaillement à l’appart… Oups… Heureusement que j’avais des pâtes de fruits de secours pour l’Izoard. Ravito au sommet, je m’arrête 2 minutes pour récupérer mes affaires et vider mes poches puis je repars. Le retour se passe très bien, à Pallon tous mes supporters sont là (encore merci à eux). Je finis le vélo sans forcer dans la dernière ascension.

Deuxième transition terriblement longue… Mais c’était nécessaire !
 C’est parti pour 42km ! Le premier tour se passe bien. Voire trop. Je suis parti beaucoup trop vite et je le ressens dans le deuxième tour. Je perds 10 minutes dans ce tour. Les arrêts aux ravitos sont plus longs, les départs sont plus pénibles. La chaleur me fait bien mal à l’organisme, je m’arrose dès que possible mais je ne veux pas me mouiller les pieds, j’ai peur d’avoir des ampoules. Bizarrement sur le plat je suis à peine moins rapide qu’au premier tour. Le dénivelé positif ou négatif me casse (dommage, on est à Embrun !). Pour le troisième tour, je vois que je repasse devant la première femme (que j’avais déjà doublée dans la descente de l’Izoard), c’est un métronome donc je me dis que je fais un bon marathon tout de même ! Je suis plus rapide qu’au tour précédent et je suis en plus avec un triathlète lui aussi sur son dernier tour… Et ça nous fait courir plus vite. L’esprit de compétition est quand même là malgré la fatigue (et la lassitude… J’avais envie d’en finir). Il reste 4 km et on est trois pour la 20e place. Je donne tout sur le plat ! J’ai l’impression d’être à fond mais je suis à ma vitesse du premier tour, je décroche tout le monde et j’arrive finalement en 10h53’36 en 20° position ! Une bien belle journée riche en émotion !
Merci à tous ceux qui ont été là pour m’accompagner, ça aurait été bien différent sans eux !"

(photo dans l'onglet "photo/vidéo)

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